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John Mccain!




John Sidney McCain III, né le  sur la base militaire américaine de Coco Solo (zone du canal de Panama), est un vétéran de la guerre du Viêt Nam et homme politique américain, membre du Parti républicain et sénateur de l'Arizona au Congrès des États-Unis depuis 1987.
Après avoir tenté, sans succès, en 2000 de recevoir l'investiture républicaine pour être le candidat du parti à l'élection présidentielle, il etais huit ans plus tard le candidat républicain à l'élection présidentielle de novembre 2008, qu'il perd avec 45,7 % des voix et 173 grands électeurs, face à Barack Obama, qui obtient 52,9 % et 365 grands électeurs.

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John McCain

 Ne doit pas être confondu avec McCain Foods.
John McCain
John McCain en 2009.
John McCain en 2009.
Fonctions
Sénateur des États-Unis
pour l'Arizona
En fonction depuis le 
(30 ans, 8 mois et 24 jours)
PrédécesseurBarry Goldwater
Représentant des États-Unis
 – 
(4 ans)
Circonscription1er district de l'Arizona
PrédécesseurJohn Jacob Rhodes, Jr.
SuccesseurJohn Jacob Rhodes III
Biographie
Nom de naissanceJohn Sidney McCain III
Date de naissance (81 ans)
Lieu de naissanceCoco Solo (Zone du canal de PanamaÉtats-Unis)
NationalitéAméricaine
Parti politiqueParti républicain
PèreJohn S. McCain, Jr.
ProfessionMilitaire (1958-1981)
* Arme : Flag of the United States Navy.svg United States Navy
* Grade : US Navy O6 infobox.svg Captain
* Conflits : Viêt Nam
ReligionBaptisme

Signature de John McCain
John Sidney McCain III, né le  sur la base militaire américaine de Coco Solo (zone du canal de Panama), est un vétéran de la guerre du Viêt Nam et homme politique américain, membre du Parti républicain et sénateur de l'Arizona au Congrès des États-Unis depuis 1987.
Après avoir tenté, sans succès, en 2000 de recevoir l'investiture républicaine pour être le candidat du parti à l'élection présidentielle, il est huit ans plus tard le candidat républicain à l'élection présidentielle de novembre 2008, qu'il perd avec 45,7 % des voix et 173 grands électeurs, face à Barack Obama, qui obtient 52,9 % et 365 grands électeurs.
John McCain fait figure d'électron libre au sein de son propre parti. Si plusieurs de ses idées rejoignent la ligne du GOP (opposition à l'avortement et au mariage des couples homosexuels), certaines s'en éloignent — sensibilité écologique, volonté d'assainir le financement des campagnes politiques, condamnation de la torture en Irak et à Guantanamo1, soutien à un projet de légalisation des immigrés clandestins2, critiques soutenues et régulières à l'égard de l'administration de Donald Trump3 — tout en étant un spécialiste bipartisanement reconnu des questions de défense et de politique étrangère4.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ascendance[modifier | modifier le code]

Ses parents sont John S. « Jack » McCain, Jr. (1911-1981) et Roberta (Wright) McCain (née en 1912). Jack McCain est commandant de sous-marins durant la Seconde Guerre mondiale puis amiral en chef de l'US Navy dans la zone Pacifique pendant la guerre du Viêt Nam. Il est décoré de la Silver Star et de la Bronze Star.
Le vice-amiral John S. McCain avec son fils, le commandant John S. McCain, Jr., à bord d'un navire de guerre américain dans la baie de Tokyole  lors des actes de capitulation du Japon.
Son grand-père paternel est aussi un amiral de l'US NavyJohn Sidney « Slew » McCain, Sr., pionnier de l'aéronavale et amiral dans la flotte du Pacifique, dirigea plusieurs assauts lors de la bataille du golfe de Leyte lors de la guerre du Pacifique durant la Seconde Guerre mondiale5. Il est encore présent sur le pont du cuirassé USS Missouri (BB-63) le  lors de la reddition japonaise dans la baie de Tokyo avant de mourir 4 jours plus tard.

Enfance[modifier | modifier le code]

Durant les dix premières années de sa vie, John McCain déménage au gré des affectations de son père. Il passe ainsi une enfance entre New London (Connecticut) et Pearl Harbor(Hawaï). Il a 5 ans lors de l'attaque de Pearl Harbor, le .
Après la Seconde Guerre mondiale, les McCain s'installent dans le nord de la Virginie. John McCain fréquente alors l'école Saint-Stéphane de la ville d'Alexandria de 1946 à 1949, puis fréquente la high school épiscopalienne (en) d'Alexandria.
De 1954 à 1958, il est élève à l'Académie navale d'Annapolis d'où il manque de se faire renvoyer pour ses actes d’indiscipline et des amours agitées notamment avec un mannequin brésilien6, ou pour avoir amené une strip-teaseuse à un cocktail en grande tenue de l’amirauté. Véritable tête brûlée, il s'écrase ainsi à deux reprises à l'entraînement avec un appareil.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

L'escadron de John McCain (à droite sur la photographie).
Lutte contre les incendies sur le pont d'envol de l'USS Forrestal le .
Pilote militaire, John McCain est d'abord cantonné à la tâche d'instructeur de vol et effectue des missions en mer Méditerranée et en océan Atlantique.
Le , McCain échappe à un tir de roquette accidentel, à bord de l'USS Forrestal, qui heurte son avion A-4 Skyhawk en stationnement et propage un incendie à bord du navire qui tue 134 marins.
Un peu plus tard, le , au cours de sa vingt-troisième mission de bombardement au-dessus du Nord-Viêt Nam où son objectif est la centrale électrique d'Hanoï, son avion est abattu par un missile sol-air SAM-2. Lorsqu'il s'éjecte, la violence du choc lui brise les deux bras et une jambe. Tombé en parachute au milieu du lac du Bambou blanc, situé au cœur de la capitale nord-vietnamienne, il manque de se noyer lorsque des habitants le tirent de l’eau, lui arrachent son équipement et le rossent7.
Récupéré par les soldats nord-vietnamiens, un garde transperce son épaule avec la baïonnette de son fusil tandis qu'un autre lui perce la cheville. Il en garde dès lors des séquelles physiques8 comme une cicatrice sur la tempe, une jambe qui traîne un peu et une démarche assez raide9.
Grièvement blessé, il est emmené dans une prison où il est jeté dans une cellule à même le sol. Durant quatre jours, il est interrogé et battu. Au cinquième jour, quand les Nord-vietnamiens découvrent qu'il est le fils d'un amiral américain, il est transféré dans un hôpital où il reçoit des transfusions de sang et de plasma. Au bout du dixième jour d'hospitalisation, un membre du bureau politique du Parti communiste vietnamien lui annonce qu'il va parler à la télévision française. À la suite des menaces qu'il encourrait pour la suite de son hospitalisation s'il persistait à refuser, John McCain obtempère et reçoit la visite du journaliste français de l'ORTF François Chalais. Ce dernier diffusera dans l'émission Panorama10 les images de McCain déclinant son identité et en donnera une copie à l’épouse du pilote9,11.
John McCain en 1974.
En mars 1968, il parvient pour la première fois à se tenir debout et à marcher mais il est alors placé pendant deux ans en isolement total. Suivront ensuite trois années de mauvais traitements, de solitude et d’angoisse. Prisonnier de guerre, il est ligoté et humilié régulièrement par ses geôliers qui lui cassent à nouveau le bras ainsi que quelques côtes9. Roué de coups pendant des jours ou suspendu par ses bras fracturés, il en vient à signer des confessions de piraterie aérienne, avant de tenter de se pendre dans sa cellule12.
En juin 1968, il refuse, par solidarité avec ses camarades, une offre de libération anticipée lorsque ses geôliers, réalisant que son père venait d'être nommé commandant en chef du United States Pacific Command, ont espéré en faire une opération de propagande13. En décembre 1969, John McCain est transféré à la prison Hỏa Lò, le « Hanoï Hilton », construite par les Français en 1896. Cette fois, il n'est plus en isolement total et peut communiquer avec d’autres Américains, notamment un compagnon de cellule qu’on lui adjoint. À plusieurs reprises, il refuse de rencontrer des délégations étrangères de pacifistes venues à Hanoï, ce qui lui vaut de nouveaux coups et blessures9.
En janvier 1972, son père, amiral en chef de la zone Pacifique fait bombarder Hanoï par les B-52 en dépit des risques pour son fils, toujours prisonnier au Nord Viêt Nam6.
Libéré en mars 1973, après avoir survécu à ses blessures, aux humiliations, aux coups, aux tortures et à deux années de confinement solitaire, John McCain est décoré à son retour par le président Richard Nixon.
En 1977, il devient officier de liaison de la Navy au Sénat des États-Unis.
En 1981, le captain McCain quitte la Navy le jour où, coïncidence, son propre père est enterré au cimetière national d'Arlington. Il est alors titulaire d'une multitude de décorations honorifiques et prestigieuses comme la Silver Star, la Bronze Star, la légion du mérite ou encore la Purple Heart.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Portrait du sénateur John McCain.
En 1982, quand le représentant républicain de l'Arizona John Jacob Rhodes renonce à solliciter un nouveau mandat à la Chambre des représentants, John McCain fait acte de candidature pour lui succéder. Lors de la campagne, à son adversaire démocrate qui le traite de « parachuté », parce que McCain n'a aucune attache dans le district, le vétéran du Viêt Nam lui rétorque « Écoute, vieux, j'aurais aimé avoir le luxe, comme toi, de grandir et de vivre toute ma vie dans un endroit merveilleux comme l'Arizona. Mais en fait, quand j'y pense, l'endroit où j'ai vécu le plus longtemps c'est à Hanoï7 ». John McCain est élu.
Durant ses deux mandats, il se fait remarquer par des positions politiques iconoclastes vis-à-vis de son parti et du président Ronald Reagan, notamment quand il s'oppose au maintien des troupes américaines dans la force multinationale stationnée au Liban14 et approuve les sanctions économiques contre l'Afrique du Sud pour protester contre la politique de l'apartheid qui était en vigueur7.
Le président Ronald Reagan et son épouse Nancy recevant John McCain à la Maison-Blanche en 1987.
En 1986, il est élu au Sénat au siège laissé vacant par son prédécesseur, le républicain conservateur Barry Goldwater. Deux ans plus tard, il vote en faveur du Family Support Act comme la plupart des sénateurs, qui demande que les mères adolescentes, récipiendaires d'aides sociales, poursuivent leur scolarité (high school)15. En 1989, il est impliqué dans le scandale politico-financier connu sous le nom de Keating Five (en). Il est alors reproché à John McCain d'avoir accepté, avec 4 autres sénateurs américains, une importante contribution financière à sa campagne électorale de la part du président d'une association de caisse d’épargnes californienne, afin, semble-t-il, de ne pas ébruiter les malversations financières de ce dernier. La commission d’enquête du Sénat chargée de l’enquête conclut à une erreur de jugement du sénateur de l’Arizona dont l'intégrité avait alors été mise en doute.
En 1993, c'est avec un autre vétéran du Viêt Nam, le sénateur démocrate et future secretaire d'État des États-Unis John Kerry, qu'il milite et obtient la réouverture des relations diplomatiques avec le Viêt Nam.
En 1997Time Magazine le cite parmi les 25 personnes les plus influentes des États-Unis. En 1999, il raconte dans son autobiographie intitulé Faith of my Fathers sa détention au Viêt Nam.
L'année suivante, en 2000, John McCain se présente aux élections primaires du Parti républicain en vue de l'élection présidentielle. Son principal concurrent est alors le gouverneur conservateur du TexasGeorge W. Bush.
Contre toute attente, McCain gagne les primaires du New Hampshire, du Michigan, de l'Arizona, de Rhode Island, du Connecticut et du Vermont et met en difficulté le gouverneur Bush, soutenu par la direction du Parti républicain. Durant ses meetings, utilisant son image nationale d'honnêteté et de probité, il n'hésite pas à se comparer à Luke Skywalker en lutte contre les forces obscures de l'empire, représentés par le gouverneur Bush et les évangélistes Pat Robertson et Jerry Falwell, ces derniers étant qualifiés d’« agents de l’intolérance et de la corruption religieuse et politique ». Cependant, à la veille de l'importante primaire de Caroline du Sud, McCain est victime d'une campagne de calomnie orchestrée par des proches du gouverneur Bush. Il est ainsi accusé d'avoir fait un enfant à une femme noire, d'avoir trahi au Viêt Nam, d'avoir transmis la syphilis à sa seconde épouse ou d’avoir perdu la raison en captivité7. Il est finalement battu par le gouverneur Bush lequel est investi candidat du parti républicain pour l'élection présidentielle de 2000. Il s'éloigne alors du devant de la scène pour soigner un début de cancer de la peau et se fait opérer d'un mélanome qui lui laissera une profonde cicatrice sur la joue gauche.
Au Sénat, McCain sera un des plus fermes partisans de la réforme du financement des campagnes électorales, qu'il fait aboutir en 2002 avec le sénateur démocrate Russ Feingold. La loi McGain-Geingold, ou Bipartisan Campaign Reform Act, sera cependant partiellement annulé par la Cour suprême par la suite.
Qualifié alors de républicain progressiste, il est souvent assimilé à l'image de l'ancien président Théodore Roosevelt pour « considérer la politique comme une compétition entre l'intérêt national et l'égoïsme des intérêts privés » et défendre « l'idée que le gouvernement devait contrebalancer les abus de la richesse organisée16 ». Il rencontre à l'époque des responsables démocrates qui espèrent le convaincre de les rallier16 mais c'est le sénateur James Jeffords du Vermont qui finalement quitte le Parti républicain et permet au Sénat de basculer du côté démocrate.
Le sénateur McCain empêche un contrat espéré par Boeing en 2003 pour le crédit-bail de 100 avions ravitailleurs KC-767 et représentant une somme de 23 milliards de dollars. Boeing étant choisi sans concurrence comme seul contractant grâce à un réseau serré d’influence et de corruption déclenchant ainsi un scandale qui envoya en prison l'un des dirigeants de Boeing et la numéro deux du service des acquisitions de l'US Air Force Darleen Druyun, et coûta son poste au CEO de Boeing, Phil Condit17.
Lors de la convention nationale républicaine en 2004, il apporte son plus ferme soutien au président sortant George W. Bush, qu'il a pourtant beaucoup critiqué dans le passé, et prononce un discours de combat contre les démocrates bien que son ami John Kerry, candidat démocrate, ait tenté d'en faire son colistier. Il prononce d'ailleurs à cette occasion un virulent discours contre les « mensonges et manipulations malhonnêtes des pseudo-réalisateurs gauchistes », visant par là Michael Moore mais sans jamais le nommer.

Campagne présidentielle de 2008[modifier | modifier le code]

Primaires républicaines[modifier | modifier le code]
Portrait de John McCain.
McCain avec Jaap de Hoop Scheffer, en 2007.
Lorsque s'ouvre la campagne pour les primaires américaines, McCain, bien qu'âgé, est l'un des prétendants républicains les plus populaires pour l'élection présidentielle de 2008. En 2005, selon les quelques sondages, lui et Rudolph Giuliani sont les seuls républicains à être donnés vainqueurs d'une confrontation électorale avec n'importe lequel des candidats démocrates.
En , se faisant l'avocat du « conservatisme du bon sens » et de l'incarnation de l'avenir du Parti républicain, dans la veine de Ronald Reagan, John McCain annonce la formation de son comité exploratoire chargé de travailler sur son éventuelle candidature aux primaires de son parti. Il déclare officiellement sa candidature le . Il est alors le troisième républicain à faire part officiellement de ses prétentions présidentielles après l'ancien maire de New YorkRudolph Giuliani et Duncan Hunter, un élu de Californie.
Respecté par ses adversaires et relativement charismatique au-delà de son propre camp politique, il reçoit le soutien de l'ancien candidat démocrate à la vice-présidence en 2000, le sénateur indépendant du Connecticut Joseph Lieberman. Les débuts de sa campagne sont difficiles et pratiquement sans argent, il doit se séparer de plusieurs collaborateurs.
John McCain en campagne électorale.
Néanmoins, après avoir été distancé lors du caucus de l'Iowa par ses concurrents républicains, il arrive en tête des candidats républicains lors des primaires du New Hampshire le , avec 36,8 % des suffrages devant Mitt Romney (32 %), Mike Huckabee (11 %), Rudolph Giuliani (9 %) et Ron Paul (8 %), ce qui relance alors sa campagne présidentielle. Lors des primaires suivantes qui se tiennent dans le Michigan, un État gravement touché par la crise automobile, principale industrie locale, il tient un « discours de vérité » déclarant aux électeurs que « la gloire passée ne reviendra plus, il faut s'adapter » alors que son concurrent le plus sérieux, Mitt Romney promet un « redémarrage de l'automobile » par l'octroi de milliards de dollars de fonds fédéraux. Au soir de la primaire le , McCain est second avec 30 % des suffrages, derrière Romney (39 %)18.
S'il ne parvient pas à rallier une majorité de militants républicains lors des premières primaires, il doit ses bons scores à la mobilisation en sa faveur des électeurs indépendants qui ont la possibilité de participer à ces élections. C'est ainsi qu'il s'impose également face à Mike Huckabee en Caroline du Sud. Avant la décisive primaire suivante qui se tient en Floride, il reçoit le soutien du populaire gouverneur de l'État, Charlie Crist, du sénateur de Floride Mel Martinez, très influent auprès de la communauté américano-cubaine mais aussi du général Norman Schwarzkopf ancien commandant de l'United States Central Command qui avait dirigé les forces de la coalition lors de la guerre du Golfe en 1991. Dans un tout autre genre, Sylvester Stallone est le premier acteur d'Hollywood à appuyer sa candidature19 suivi peu de temps après par Arnold Schwarzenegger, également gouverneur de Californie20, puis Clint Eastwood ou Bruce Willis.
En remportant la primaire républicaine de Floride le 29 janvier avec 36 % des voix contre 31 % à Mitt Romney, John McCain passe pour la première fois en tête des candidats républicains en nombre de délégués. L'élection de Floride est marquée par le mauvais score de Rudolph Giuliani, arrivé en troisième place, qui solde ses ambitions présidentielles et son ralliement dès le lendemain à John McCain21.
La campagne du sénateur de l'Arizona est aussi alors financièrement relancée. Alors qu'il était quasiment sans ressources au mois de décembre, McCain recueille en janvier plus de 7 millions de dollars (4,5 millions d'euros)22 et en deux mois, reçoit le soutien de 17 000 journaux américains à commencer par le Des Moines Register23 mais est aussi désigné comme le meilleur choix au sein de son parti par le New York Times24.
Lors du Super mardi qui a lieu le 5 février, McCain remporte neuf États (New YorkCalifornieMissouriNew JerseyIllinoisConnecticutDelawareOklahoma et Arizona) ce qui lui permet d'obtenir 615 délégués (plus de la moitié de ceux nécessaires pour remporter l'investiture républicaine), contre 268 pour Mitt Romney et 169 pour Mike Huckabee. À la suite de ces résultats, le 7 févrierMitt Romney annonce lors d'une conférence à Washington, D.C. qu'il se retire de la course à l'investiture républicaine25. Le retrait de Romney permet à Mike Huckabee de devenir le principal rival de McCain sans espoir cependant de pouvoir menacer sa désignation à l'investiture républicaine. Ainsi, le 9 février, lors des caucus du Kansas et de la primaire de Louisiane, McCain est devancé par Huckabee et ne s'impose, de justesse, qu'avec 26 % des voix contre 24 % à Mike Huckabee et 21 % à Ron Paul lors des caucus de Washington. Le , lors d'une conférence de presse avec le sénateur de l'Arizona à Boston, Mitt Romney annonce son ralliement à la candidature de John McCain lui apportant théoriquement ses 291 délégués assignés lors des élections primaires26. Les ralliements se multiplient ensuite à commencer par Jeb Bush, ancien gouverneur de Floride et son père, l'ancien président George H. W. Bush.
Mais le maintien de Huckabee dans la course souligne les difficultés de John McCain à faire l'unanimité dans le camp républicain où, aux yeux de la partie la plus conservatrice de cet électorat et dans les milieux religieux, il continue à apparaître comme un candidat par défaut. C'est aussi à ce stade de la campagne électorale qu'il reçoit néanmoins un appui tacite du président George W. Bush27.
John McCain et George W. Bush le  à la Maison-Blanche.
Alors que John McCain tente de se concilier la droite du parti républicain, des allégations, divulguées par le New York Times, insinuent qu'il aurait eu, en 1999 et 2000, des relations non professionnelles avec une jeune lobbyiste, Vicki Iseman, chargée de défendre les intérêts de sociétés de communication en relation avec une commission sénatoriale alors présidée par le sénateur de l'Arizona. Selon l'article du New York Times, les clients de la lobbyiste auraient participé à hauteur de plusieurs dizaines de milliers de dollars au financement des campagnes électorales de John McCain. Ces accusations, reposant sur des sources anonymes, peuvent alors remettre en cause l'image d'intégrité et de rectitude morale de John McCain. Les partisans de celui-ci dénoncent alors une « campagne calomnieuse » et accusent le NYT de s'abaisser à de la « politique de caniveau ». John McCain, lui-même, dément les insinuations et affirme qu'il n'a jamais « rendu de services indus à des clients de Mme Iseman lorsqu'il était président de la commission du Commerce du Sénat28,29 ».
Le , il remporte suffisamment de délégués pour s'assurer de l’investiture du Parti républicain après ses victoires lors des primaires du Texas, de l’Ohio, du Vermont et de Rhode Island, ce qui conduit Mike Huckabee à abandonner la course présidentielle. John McCain est adoubé dès le lendemain de cette victoire aux primaires par le président George W. Bush30.
Campagne présidentielle[modifier | modifier le code]
Le début de sa campagne nationale est cependant difficile tant les médias sont accaparés par le duel dans les primaires démocrates entre Hillary Clinton et Barack Obama. Quand celui-ci est assuré de pouvoir remporter l'investiture démocrate, il bénéficie encore d'une couverture médiatique nationale bien supérieure à son concurrent républicain, qui déplore une inégalité de traitement médiatique dont il serait la victime. Ainsi, en juillet, le New York Times révèle que les grandes chaînes de télévision américaine ont consacré, depuis le mois précédent, plus de 114 minutes à la campagne de Barack Obama contre 48 minutes à celle de John McCain, tandis que les magazines Time et Newsweek avaient consacré 12 couvertures au démocrate en trois ans contre 5 au républicain31.
John McCain est invité par le président colombien Alvaro Uribe à assister à la libération de 15 prisonniers de la guérilla, dont Ingrid Betancourt et trois agents américains, lors de l'opération Jaque. Considérant que les droits de l'homme n’étaient « pas une raison suffisante », il plaide à cette occasion en faveur de l'adoption par le Congrès du traité de libre-échange signé deux ans auparavant avec la Colombie mais bloqué par la majorité démocrate, et salue également la politique du président Uribe qui aurait selon lui évité la faillite à la Colombie3233.
Le magazine Time le classe cinquième sur sa liste des cent personnes les plus influentes au monde en mai 200834.
En , John McCain change son équipe de campagne dorénavant dirigée par Steve Schmidt, un ancien protégé de Karl Rove, qui avait dirigé avec succès la campagne du gouverneur Arnold Schwarzenegger en Californie deux ans plus tôt. Schmidt orchestre des changements radicaux, supprimant les conversations informelles du candidat avec les journalistes et organise la réplique à chaque propos du candidat démocrate35. Ainsi, alors que Barack Obama effectue en juillet un voyage en Europe, où sa popularité est au zénith, son côté « rock star et ses déclarations pleines de bonnes intentions » contrastent à ce moment avec les prises de position de McCain qui reçoit successivement, le 25 juillet, le dalaï-lama, critique la situation des droits de l'homme en Chine, demande la libération des prisonniers politiques et exhorte le gouvernement chinois à dialoguer avec le Tibet pour une « véritable autonomie36 ». Cette stratégie s'appuie notamment sur une nouvelle campagne républicaine très offensive orchestrée par Steve Schmidt où le candidat démocrate est notamment comparé à Britney Spears et à Paris Hilton37 avec pour objectif de faire prendre à l'élection présidentielle la tournure d'un référendum sur la personnalité de Barack Obama38 en le présentant comme un jeune ambitieux dépourvu d'expérience face à un ancien prisonnier de guerre qui a toujours « placé l'intérêt du pays en premier35 ».
Développant parallèlement son programme électoral, autour notamment de l'indépendance énergétique, John McCain en appelle au développement des forages pétroliers off shorequ'il souhaite autoriser et le rappel, à cette fin, du Congrès pour une session extraordinaire, obligeant son concurrent démocrate à se repositionner sur la question39.
À la fin du mois d'août 2008, John McCain profite encore d'une actualité internationale tendue qui est marquée par la réponse militaire de la Russie à la tentative par les troupes géorgiennes de reprendre le contrôle de leur province séparatiste d'Ossétie du Sud. Le discours alors ferme de John McCain face à la Russie lui permet de marquer des points contre son adversaire démocrate40, lequel moins réactif, est d'ailleurs en vacances à Hawaï. John McCain comble ainsi une partie de son retard dans les sondages nationaux41 et talonne voire dépasse Barack Obama au niveau des grands électeurs potentiels42,43. En tête dans l'électorat masculin (46 % contre 41 %), dans la population blanche (essentiellement la catégorie des WASPs) (48 % contre 40 %) et chez les évangélistes (65 % contre 25 %), il reste distancé par Barack Obama au niveau de l'électorat féminin (53 % contre 39 %), de celui des Afro-Américains (94 % contre 4 %) et dans les classes d'âges comprises entre 18 et 54 ans44. Aux yeux de 80 % de ses compatriotes, John McCain paraît, selon les sondages, avoir les qualités nécessaires pour être président des États-Unis (contre 48 % pour Barack Obama). Il est de même jugé par 84 % d'entre eux être très patriote contre seulement 55 % pour son adversaire démocrate41. Enfin, à ce stade et contre toute attente, il semble mieux fixer les conservateurs derrière sa candidature, que ne parvient Barack Obama à le faire avec sa propre base électorale45.
Attaqué et raillé par son adversaire démocrate sur son important patrimoine immobilier qu'il ne parvient pas à détailler lors d'une interview, son équipe de campagne réagit en s'en prenant à la valeur estimée du propre patrimoine immobilier de Barack Obama46 et à ses relations avec le promoteur Tony Rezko, incarcéré pour corruption, qui avait été un collecteur de fonds d'Obama47.
À la veille de la convention démocrate qui a lieu le  à Denver dans le Colorado, alors que les deux candidats sont quasiment à égalité dans les sondages, John McCain est pris à partie par la chanteuse Madonna, qui n'hésite pas assimiler le candidat républicain, lors d'un concert à Cardiff au Pays de Galles, à Adolf HitlerRobert MugabeRouhollah Khomeini et Kim Jong-il48.
Nomination lors de la Convention nationale républicaine[modifier | modifier le code]
Discours d'acceptation de John McCain à la Convention nationale républicaine, le .
La Convention nationale républicaine, chargée d'officialiser sa candidature, se tient à Saint-Paul du 1er au . Le 29 août, à la surprise générale, son équipe de campagne annonce que Sarah Palin, gouverneur de l'Alaska, sera sa colistière pour le poste de vice-président des États-Unis49. Les observateurs politiques notent alors qu'en choisissant une femme blanche originaire d'une famille modeste, mariée à un syndicaliste, conservatrice en matière de valeurs50, mais favorable à plus de justice sociale, John McCain s'affranchit de la tendance pro-business du Parti républicain qui voulait lui imposer Mitt Romney. Par ailleurs, en faisant un appel manifeste du pied aux électrices d'Hillary Clinton, il se prive aussi de l'argument de l'inexpérience qu'il renvoyait sans cesse à Barack Obama51.
La Convention débute alors que l'ouragan Gustav progresse dans le golfe du Mexique vers les côtes de la Louisiane et du Mississippi. Il finit par perturber son organisation avec l'annulation des discours des intervenants et des travaux prévus le premier jour. John McCain modifie ses déplacements et se rend dans le Mississippi52 afin de superviser les préparatifs d'évacuation et de protection des populations en compagnie d'Haley Barbour, le gouverneur de l'État. À sa demande, la Convention entreprend de se transformer en levées de fonds humanitaire, notamment en faveur de la Croix-Rouge. Les sponsors et les délégués sont mis à contribution alors que le parti annule ses publicités politiques télévisées51.
Todd Palin, Sarah Palin, Cindy et John McCain le  à Fairfax, en Virginie.
Lors du troisième jour de la Convention, le vote des délégués républicains aboutit sans surprise à la nomination de McCain comme candidat officiel du parti à l'élection présidentielle du 4 novembre. Ce sont les délégués de l'Arizona, État d'où est élu John McCain, qui ont le privilège d'apporter à leur sénateur les voix nécessaires lui permettant d'obtenir la majorité absolue des 1 170 suffrages nécessaires pour être désigné. Au total, John McCain obtient 2 372 voix contre 15 à Ron Paul et 2 à Mitt Romney53.
Le 4 septembre, il prononce son discours d'acceptation dans lequel il prend ses distances avec l'administration sortante et vante une ambition réformatrice54, promettant « apporter le changement dans un Washington dépensier et usé et de mettre un terme à la rancœur partisane55 ». Le 7 septembre, dans une interview accordée à CBS, il promet de faire entrer des démocrates dans son cabinet en cas de victoire56.
Selon les chiffres de Nielsen Media Research, le discours de John McCain est suivi par 38,9 millions de téléspectateurs, soit davantage que pour le discours de son adversaire, Barack Obama (38,4 millions de personnes) la semaine précédente lors de la Convention démocrate. Il s'agit alors de la meilleure audience jamais enregistrée à l'occasion d'une soirée de Convention57.
Fin de la campagne présidentielle[modifier | modifier le code]
L'embellie que John McCain connait dans les sondages au début du mois de septembre est stoppé net par la crise financière qui survient après la faillite de la banque Lehman Brothers. Son comportement erratique ajouté à une certaine improvisation, les critiques mettant en cause la compétence de Sarah Palin pour le poste de vice-président, la défection de plusieurs personnalités républicaines comme Colin Powell et la limitation de son budget de campagne déstabilisent sa campagne face à celle de Barack Obama, qui apparait plus « maître de soi » et rassurant au cours des 3 débats présidentiels58.
Le 10 octobre, à la suite d'une campagne plus agressive contre Barack Obama, John McCain est sifflé lors d'un meeting tenu à Lakeville, dans le Minnesota, en prenant la défense de son adversaire démocrate, cible d'attaques de plus en plus virulentes dans le camp républicain. « Barack Obama est une personne décente, une personne dont vous ne devez pas avoir peur si elle devient président des États-Unis » déclare alors John McCain devant les militants républicains59. Cette prise de position inattendue lui vaudra d'ailleurs les remerciements du candidat démocrate60.
À la veille du scrutin, le 4 novembre 2008, John McCain est toujours devancé par son adversaire dans les sondages61. Il n'aura disposé que de 150 millions de dollars (84 millions de fonds publics et 60 millions que le Parti républicain utilise pour le soutenir) contre 605 millions pour Barack Obama62. Selon deux études menées par le Centre pour les Médias et les Affaires publiques et le Project for Excellence in Journalism, les trois grandes chaînes nationales de la télévision américaine (ABCCBSNBC) auront favorisé la campagne de son adversaire, en le présentant comme un meilleur choix, lors des deux derniers mois de la campagne électorale63.
C'est depuis l'hôtel Biltmore de Phoenix, où il attendait les résultats de l'élection présidentielle avec ses partisans, que John McCain apprend et reconnaît son échec face à Barack Obama. Il recueille 45,66 % des voix, soit 59 934 814 votes et 173 grands électeurs, face à Barack Obama, qui l'emporte avec 52,92 % et 365 grands électeurs64. Dans le discours de défaite qu'il prononce, John McCain insiste sur le caractère historique de cette élection et la « signification particulière qu'elle avait pour les Noirs américains », rappelant qu'un siècle plus tôt, le président Théodore Roosevelt avait choqué de nombreux Américains en invitant un Noir à la Maison-Blanche. Assumant seul la responsabilité de son échec, John McCain rend également un hommage appuyé à sa colistière Sarah Palin65.
Quelques jours plus tard, c'est par l'autodérision, sur le plateau du Tonight Show de Jay Leno sur NBC, qu'il revient sur sa défaite, et défend plus sérieusement sa colistière à qui il prédit un bel avenir66.

Campagne pour sa réélection au Sénat en 2010[modifier | modifier le code]

Candidat à un cinquième mandat de sénateur en 2010, John McCain se retrouve menacé lors de la primaire républicaine par un candidat conservateur, John David Hayworth, Jr., un ancien représentant au Congrès et animateur de radio qui remet en cause le patriotisme et la loyauté de son rival au Parti républicain ainsi que ses positions sur l'immigration et l'environnement. En difficulté dans les sondages face à Hayworth, John McCain reçoit l'appui public de Sarah Palin, devenue depuis la campagne présidentielle une égérie de la droite conservatrice en général et du mouvement Tea Party en particulier67. Le , il remporte finalement la primaire avec 56,2 % des voix, contre 32,1 % à son adversaire conservateur68. En novembre 2010, il est facilement réélu pour un cinquième mandat face au candidat démocrate Rodney Glassman (en).

Présidence de Donald Trump[modifier | modifier le code]

Poursuivant ses critiques émises lors de la campagne présidentielle de 2016, John McCain continue en 2017 d'exprimer des préoccupations au sujet de la présidence de Donald Trump69,70,71,72,73. Il participe notamment au rejet de l'abrogation de l'Obamacare par le Sénat74.

Vie privée[modifier | modifier le code]

John McCain, sa mère Roberta McCain, son fils Jack, sa fille Meghan et son épouse Cindy en 1992 lors du baptême de l'USS John S. McCain (DDG-56) nommé en l'honneur de son père et grand-père.
Divorcé en 1979 de sa première femme, Carol Shepp qu'il avait épousée en 1965, John McCain est marié depuis 1980 à Cindy Lou Hensley. Il est le père de sept enfants dont Bridget, adoptée dans un orphelinat de mère Teresa au Bangladesh en 1991, et grand-père. L'une de ses filles est une mère adolescente, ce qui a conduit certains commentateurs à rappeler son vote en faveur du Family Support Act de 198875.
Son fils aîné, John Sidney McCain IV, a été élève officier à l'Académie navale d'Annapolis et son cadet, James, est engagé dans les Marineset a participé à une rotation de sept mois en Irak entre 2007 et début février 200876. Enfin, sa fille Meghan tient un blog consacré à la campagne électorale présidentielle de son père en 200877.
Le 19 juillet 2017, son bureau au Sénat indique qu'une tumeur maligne, un glioblastome, a été découverte alors qu'il était opéré pour retirer un caillot sanguin au-dessus de son œil gauche. John McCain avait déjà eu deux mélanomes dans les années 1990 et 2000, dont il avait fait une rémission complète78.

Doctrine politique[modifier | modifier le code]

John McCain à l'occasion de son 69e anniversaire et George W. Bush.
Politiquement, McCain est relativement inclassable79 et ses positions ont évolué au cours du temps79. Si son discours s'inscrit, en matière militaire, dans la tradition conservatrice américaine, John McCain se positionne à la gauche du Parti républicain, face à George W. Bush ou Sarah Palin. John McCain conserve surtout une image de républicain modéré, sensible « à des solutions de compromis avec les démocrates »79.
Sur les questions de société, il est pro-vie, hostile au droit à l'avortement (IVG) qu'il qualifie de tragédie humaine et qu'il souhaite voir interdire sauf en cas de viol, d'inceste et d'atteinte grave à la santé de la mère80. Et, alors qu'il se déclare opposé au mariage homosexuel, il a refusé d'amender la Constitution américaine pour les interdire et s'est déclaré favorable au financement public de la recherche sur les cellules souches d'embryons, deux approches qui lui ont attiré les reproches des conservateurs sociaux au sein du Parti républicain81.
Il est un ferme partisan des lois anti-tabac. Il avait proposé de financer des campagnes anti-tabac par des taxes supplémentaires sur les profits de l'industrie du tabac14. Favorable à la peine de mort, il s'oppose au contrôle des armes à feu.
Partisan d'une réforme libérale de l'immigration à l'instar sur ce sujet de George W. Bush82 et de la majorité des sénateurs démocrates, il a déposé sans succès en 2006 une proposition de loi prévoyant de renforcer les contrôles aux frontières et de régulariser les clandestins.
Il est également très sensible aux questions sur le réchauffement climatique83 et souhaite développer des énergies substitutives, en favorisant le nucléaire (il propose notamment de construire 45 nouveaux réacteurs nucléaires d'ici 2030) et le biocarburant. Il a ainsi cosigné avec le sénateur démocrate John Kerry une proposition de loi rehaussant les normes d'efficacité énergétique des véhicules à essence, et a présenté avec le sénateur indépendant Joseph Lieberman un texte imposant un système d'échange de droits d'émission de carbone16.
Républicain indépendant et franc-tireur, John McCain s'est attiré tant l’affection du grand public, des indépendants et des modérés mais aussi l'hostilité des durs de sa propre famille politique12. Il s'est mis à dos une partie de son camp en déposant au Sénat un amendement contre la torture, en défendant, avec le sénateur démocrate Carl Levin, une proposition de loi mettant fin aux niches fiscales et exigeant des entreprises qui versent des stock-options à en révéler le coût à leurs actionnaires ou en faisant adopter une limitation des dépenses électorales. En votant contre les réductions d'impôts du président George W. Bush pour ne pas creuser le déficit budgétaire, il s'est attiré l'animosité des conservateurs fiscaux bien qu'il ait accepté ensuite de les pérenniser81.
Au niveau de l'économie, il se déclare un partisan inébranlable des accords de libre-échange, et le 26 mars 2008, déclare vouloir négocier un traité de libre-échange entre l'ALENAet l'Union européenne84. Propice à la fin des avantages fiscaux pour les plus riches14, il a été longtemps favorable à une réforme libérale du financement des partis politiques, dont il donnera son nom en 2001 en outre (« McCain-Feingold Act ») qui ambitionnait une plus grande transparence de la vie des parties politiques14.
Dans le domaine de la santé, en opposition à l'industrie pharmaceutique, John McCain a été le coauteur, avec les sénateurs démocrates John Edwards et Ted Kennedy, d'une proposition de loi sur les droits des patients et s'est allié à Charles Schumer pour soutenir une loi favorisant la vente de médicament générique16.
Spécialiste des questions internationales et de défense, il fut un partisan de l’intervention américaine au Kosovo sous le mandat de Bill Clinton à qui McCain reprocha cependant de ne pas envoyer davantage de troupes. Lors de sa campagne électorale de 2000, il a proposé un projet de politique internationale intitulé « Refoulement des États voyous » (Rogue State Rollback). Celui-ci prévoyait de fournir un soutien politique et matériel aux forces locales présentes à l’intérieur et à l’extérieur des États voyous, visant notamment l’Irak, la Corée du Nord et la Serbie, afin de « renverser les régimes qui menacent les intérêts et valeurs américaines ». Soutenu par les néoconservateurs, il précisait alors que, en cas d'agression des alliés américains, les États-Unis avaient le devoir de répliquer par la force23.
Partisan de la guerre en Irak en 2003 et du renversement de Saddam Hussein, il a cependant toujours contesté la stratégie mise au point par le secrétaire à la DéfenseDonald Rumsfeld, exigé la démission de ce dernier dès le début des difficultés de l'occupation de l'Irak pour l'impréparation matérielle des troupes. Il a très tôt prôné un renforcement des troupes militaires qu'il n'obtient qu'à partir de janvier 2007. Lors de sa campagne électorale pour la présidence des États-Unis en 2008, il est le seul candidat à brandir l'Irak comme un argument électoral, se refusant de s'engager sur un calendrier de retrait, « même si c'est dans cent ans ! »13, remarquant en même temps que personne ne demandait combien de temps encore les troupes américaines resteraient en Corée du Sud23. Ayant par ailleurs regretté l'absence de soldats américains pour empêcher le génocide au Rwanda, il soutient le principe d'une intervention militaire au Darfour23. En 2016, il affirme par ailleurs que tout rapprochement avec la Russie serait « inacceptable » au vu de la politique extérieure qu'elle mène85.
En 2003, il a ce commentaire acerbe au sujet des Français : « Ils me font penser à une vieille actrice des années 1940 qui essaie toujours de se faire inviter grâce à son physique, mais qui n'est plus assez belle pour ça86 ».
Il préconise une Ligue des démocraties rassemblant les États de l'OTAN et les autres régimes démocratiques à travers le monde, « Celle-ci pourrait agir quand l’ONU ne le fait pas : allègement de la souffrance humaine au Darfour, combat contre le sida au sud du Sahara, meilleures stratégies pour endiguer les crises liées à l’environnement, accès plus facile aux marchés pour les pays qui acceptent les libertés économiques et politiques87. »
Dans le cadre de la crise concernant les armes de destruction massive en Iran, il préconise, le 20 avril 2008 sur la chaîne de télévision ABC, des sanctions efficaces et sévères avec les nations démocratiques aptes à faire pression sur le gouvernement iranien88.
Certains au sein de son propre camp politique le qualifient de « républicain seulement de nom » (Republican In Name OnlyRINO) pour avoir parfois fait défaut à son parti lors de votes cruciaux. Ainsi, lors de la campagne des primaires présidentielles en 2008Rush Limbaugh, un animateur de radio ultraconservateur, est l'un de ses plus virulents détracteurs alors que l'égérie de la droite républicaine, Ann Coulter, promet le cas échéant de voter Hillary Clinton qu'elle estime plus conservatrice que McCain8.
En 2016, alors que le candidat républicain à la présidentielle Donald Trump a pris pour cible une famille musulmane américaine dont le fils est mort en Irak en 2004, il déclare : « J'aimerais dire à M. et Mme Khan : merci d'avoir immigré en Amérique. Nous sommes un meilleur pays grâce à vous. [...] Bien que le parti l'ait nommé, cela ne lui donne pas le droit de diffamer les meilleurs d'entre nous. ». Il avait déclaré peu avant qu'à cause de la nomination de Trump par le parti, les républicains pourraient perdre beaucoup de postes à l'avenir, dont le sien au Sénat. Trump avait dit en 2015 ne pas apprécier McCain car il avait été retenu otage en temps de guerre : « J'aime les gens qui ne se font pas capturer »avait-il déclaré89.

Opposition à la Russie[modifier | modifier le code]

McCain s'est méfié de Mikhaïl Gorbatchev, n'ayant pas confiance en lui et pensait que sa politique d'ouverture vers l'ouest était un piège destiné à faire baisse la garde des États-Unis. Pendant la présidence de Boris Eltsine, il fut l'un des rares sénateurs américains à dénoncer la politique de démilitarisation des États-Unis et de la Russie. Aujourd'hui, il considère Vladimir Poutine comme une menace plus importante pour le monde que l'État islamique et l'islamisme90,91,92.
Il figure sur la liste des personnalités interdites de séjour en Russie dans le cadre de la crise ukrainienne, depuis le 20 mars 2014. Il a été taxé d'avoir une mentalité datant de la guerre froide, par différents journaux américains dont Slate93,94.

Prises de position contre la torture[modifier | modifier le code]

Photographie pour le Congrès de McCain.
En octobre 2005, en dépit de l'hostilité de la Maison-Blanche et sans le soutien de la Chambre des représentants, il fait adopter au Sénat par 90 voix contre 9 (principalement républicaines) un amendement sur la « prohibition de traitements cruels, inhumains, ou dégradants » envers des prisonniers, une semaine après la condamnation de la soldate Lynndie England pour les sévices infligés dans la prison irakienne d'Abou Ghraib, avec l'appui de la démocrate Dianne Feinstein qui joint son nom à l'amendement.
Cette démarche reçut le soutien de l'ancien secrétaire d'État Colin Powell et de l'organisation de défense des libertés individuelles (Union américaine pour les libertés civiles) alors que le président Bush menaçait de mettre son veto au budget de la défense.
Cet amendement prescrit qu'« aucun individu sous la garde ou le contrôle physique du gouvernement des États-Unis, quels que soient sa nationalité et son lieu de détention, ne doit être soumis à des traitements ou punitions cruels, inhumains ou dégradants ». Une norme uniforme est fixée à propos des pratiques autorisées lors des interrogatoires de prisonniers (« les hommes et les femmes menant les interrogatoires auront le confort de savoir qu'ils ont des instructions précises sur ce qu'ils peuvent faire et ne pas faire »). Ainsi, la pratique de la « simulation de la noyade » (waterboarding en anglais) et autres tactiques brutales sont désormais interdites dans l'armée américaine95.
Le gouvernement Bush compta sans succès sur la navette parlementaire avec la Chambre des représentants pour torpiller l'amendement alors que pour John McCain, cet amendement vise avant tout à protéger les militaires américains, plutôt que les prisonniers. Il estime en outre que « les valeurs américaines devraient l'emporter contre toutes les autres dans toute guerre des idées » et qu'on ne peut laisser ces « sévices contre les prisonniers ternir l'image des États-Unis ».
En février 2008, John McCain s'est cependant opposé, avec 44 autres sénateurs, à un texte du Sénat étendant les nouvelles règles du manuel d'interrogatoire de l'armée américaine aux agents de la CIA, notamment l'interdiction du waterboarding (« simulation de la noyade96 ») alors qu'Hillary Clinton et Barack Obama s'abstenaient de participer au vote97. Le texte concernant l'interdiction de la torture par l'eau fit néanmoins l'objet d'un veto du président George W. Bush98.
En 2016, après l'élection de Donald Trump à la présidence, il déclare, en dénonçant les prises de position du milliardaire pour les simulations de noyade : « Je me fous de ce que le président des États-Unis veut faire ou de quiconque d'autre veut faire. Il n'y aura pas de waterboarding. Nous ne ferons pas cela99. ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1.  John McCain, un torturé contre la torture [archive] sur letemps.ch du 2 décembre 2005.
  2.  Le portrait de John McCain [archive] sur http://tempsreel.nouvelobs.com [archive] du 10 mars 2008.
  3.  John McCain, une épine dans le pied de Trump [archive] sur courrierinternational.com du 21 juillet 2017.
  4.  États-Unis : le sénateur John McCain souffre d'une tumeur au cerveau [archive] sur francetvinfo.fr du 20 juillet 2017.
  5.  (en) Biographie John Sidney McCain sur le site du cimetière d'Arlington [archive]
  6. ↑ a et b « Patriotes de père en fils » [archive]Le Figaro.
  7. ↑ abc et d « John McCain: Un Rambo à la Maison-Blanche » [archive]Le Journal du dimanche.
  8. ↑ a et b « Mac is back » [archive]Le Monde, 6 février 2008.
  9. ↑ abc et d Jean-Marie Gonin, « Good morning McCain » [archive]Le Figaro Magazine, 8 février 2008.
  10.  « John McCain prisonnier au Vietnam » [archive] [vidéo], sur ina.frPanoramaORTF (consulté le 21 novembre 2013).
  11.  En octobre 2008, dans un reportage [archive] de Daniel Roussel, ancien correspondant au Viêt Nam du quotidien communiste L'Humanité, des Vietcongs, en l'occurrence le directeur de la prison et une infirmière ne reconnaissent pas ou ne se souviennent pas cependant des conditions de détention vécues et relatées par John McCain.
  12. ↑ a et b Philippe Coste, « John McCain, le survivant » [archive]L'Expressno 2954, .
  13. ↑ a et b « Le revenant du New Hampshire » [archive]Le Figaro.
  14. ↑ abc et d Sylvie Laurent, « John McCain, l’itinéraire sinueux d’un patriote » [archive]La Vie des idées, 19 mars 2008. (ISSN 2105-3030).
  15.  Sharon Theimer, « McCain fought money on teen pregnancy programs », Associated Press, 2 septembre 2008. Lire en ligne [archive].
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  17.  (fr) « Les emails saisis chez Boeing sur la corruption de l'US Air Force » [archive]geopolitique.com.
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  21.  « Défait en Floride, Giuliani devrait se rallier à McCain » [archive]Libération.
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  23. ↑ abc et d « Le paradoxe McCain » [archive] (article du Los Angeles Times), Courrier internationalno 901, février 2008.
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  27.  « Huckabee embarrasse John McCain » [archive]Le Figaro, 11 février 2008.
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  36.  « John McCain rencontre le Dalaï Lama et critique la Chine » [archive]Le Vif/L'Express, 26 juillet 2008.
  37.  Cette stratégie lui vaudra une réponse cinglante de Paris Hilton le citant comme le « mec ridé à cheveux blancs » dans une vidéo (« Paris Hilton réplique à John McCain » [archive]Le Figaro) ainsi que les critiques des parents de Paris Hilton, donateurs financiers à la campagne de McCain.
  38.  « Barack Obama à la peine » [archive], éditorial de Pierre Rousselin, Le Figaro.
  39.  Corine Lesnes, « Obama et McCain s'affrontent sur les questions énergétiques » [archive]Le Monde.
  40.  Selon le sondage [archive] réalisé par l'université Quinnipiac (en) du 12 au 17 août 2008 avec une marge d'erreur de plus ou moins 2,5 %, auprès de 1 547 personnes, 55 % des Américains estiment que le sénateur de l'Arizona est plus qualifié pour traiter avec la Russie que le candidat démocrate (27 %).
  41. ↑ a et b « L'écart se resserre entre Barack Obama et John McCain » [archive]Libération.
  42.  Selon RealClearPolitics [archive], John McCain obtiendrait 263 grands électeurs contre 275 à Barack Obama au 19 août 2008.
  43.  « John acCain prend six points d’avance sur Obama en moins d’un mois » [archive]LInternationalMagazine.com.
  44.  sondage [archive] réalisé par l'université Quinnipiac.
  45.  « McCain devance Obama de cinq points dans un sondage » [archive]Nouvelobs.com, reprenant une étude Reuters/Zogby réalisée entre le 14 et le 16 août 2008. Selon cette étude, McCain reçoit le soutien de 81 % des affiliés républicains alors que Barack Obama ne reçoit le soutien que de 74 % des affiliés démocrates.
  46.  « Barack Obama attaque John McCain sur son patrimoine immobilier » [archive]Reuters.
  47.  (en) « Q&A : Barack Obama and Tony Rezko » [archive]Times online du .
  48.  « Le camp de McCain scandalisé par un concert de Madonna le liant à Hitler » [archive]dépêche AFP.
  49.  « John McCain présente aux militants sa colistière Sarah Palin » [archive], dépêche de Reuters, Le Point.
  50.  « Vice-présidence US :… qui est Sarah Palin ? » [archive]LInternationalMagazine.com.
  51. ↑ a et b Corine Lesnes, « John McCain : investiture par temps d'ouragan » [archive]Le Monde.
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  58.  « Obama n’a cessé de creuser son avantage sur McCain depuis la crise » [archive]Les Échos.
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  62.  « J - 11 : Obama s'offre une présidentielle à 5 milliards de dollars » [archive]Le Point.
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  74.  « Obamacare : coup dur pour Donald Trump, John McCain et le Sénat américain rejettent l'abrogation partielle du système de santé d'Obama » [archive], huffingtonpost.fr, 28 juillet 2017.
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  78.  AFP, « Barack Obama à propos du cancer de John McCain: "Fais-lui vivre un enfer, John" », La Libre,‎  (lire en ligne [archive]).
  79. ↑ ab et c Romain Huret, « L’étrange défaite de John McCain » [archive]La Vie des idées, 19 janvier 2009. (ISSN 2105-3030).
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  82.  Véronique Bourbeau, coordonnatrice à l'Observatoire sur les États-Unis de la chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM, « La réforme de l'immigration - L'échec de Bush ou des États-Unis » [archive]Le Devoir.
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  99.  « Trump : John McCain se pose en rempart contre le recours à la torture » [archive], sur L'Express.

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March 23rd, 2023. By Nathan and Kenneth Maslow-Naed. Incomplete There seems to be some kind of human Hegemony Totem poll going on involving income support. The English are at the bottom. You have to comply with the UDHR Article 25 but what method in terms of amounts would you implement to comply; how much do you say you will pay your culture per citizen? Are you English? Are you Canadian? All human life matters. Have you watched the Real House Wives of Durban? I think I am worth as a South African about $50,000.00 USD per year. The sales tax will be....23% and the profiteers can get a whole percentage to themselves( 22% of sales tax daily for the people and the system to keep it going and 1% daily for the profiteers and they can continue to pretend that it is the people's bread or the people's salted pork. But, why is anyone making people secretly offer half of their income support entitlement before they get even one pound? Where does the other half go? Its a bit too public; what ever it is going on and instead of asking us to agree to half in our emotions before you make payment, just send what you think is best and sent it to everyone who has applied; not once but four times? However, it is best you send the whole allotment due to the citizen on application and take the play dough of a whole 1% from the daily sales tax collection. Send the income support money actually to every citizen automatically or else there is a gender equality issue and some other criminal law issues. Do you know people who cannot rest until they put their spoon with their saliva in the food intended for guests at a bridal party banquet? Is there a uh.....profiteer some where who can now see how he can do what he does without bringing catastrophe attention on to himself? I would help him manage this if given the chance. Did you know Warren is an Anglican Church member? He is also a Pentecostal Church member, a Baptist and he will be joining the Presbyterians soon also. Did you know any ALUSRA (TM) idea now sells for $1300.00 per week on a 50 year deal? Contact us and we will read your terms in the MOU. If we say "yes", then you will send payment to us on a weekly basis with their being an opportunity to discuss and work out details of contract with a signing of the final contract to take place within 90 days when a lump sum draft for 20 years worth of payments is due. Once this payment is made, the contract termination date will change from its 50 year anniversary to its 30 year anniversary with the rights of ownership to finally pass on the date of the final payment. The buyer can continue to pay down the balance with lump sums until this final payment is made. This could be done on the 100th day if they so choose. Co ownership will ensue until that final payment is made and Mr. Lyon will participate in the design, conceptual and actual development of the idea and work as a company administrator. Click here.